Ils ne comprendront pas à quel point je l'aime.
Ils ne comprendront pas à quel point j'ai besoin de lui, de le voir.
Ils ne comprendront pas à quel point j'aime être avec lui.
Ils ne comprendront pas parce que c'est un Cheval.
Le meilleur de tous les Chevaux, à mes yeux, mais un Cheval quand même.
Pour certains c'est bizzare. Pour beaucoup même.
Pour les non-cavaliers c'est bizzare.
Mais nous, les cavaliers, on connaît tous Le Cheval.
Ce Cheval qui nous donne des frissons lorsqu'on le voit.
Ce Cheval avec qui on sent que l'on peut repousser ses limites.
Ce Cheval avec qui on se sent bien.
Ce Cheval avec qui on a simplement envie d'être.
Pour moi ce Cheval c'est lui.
Faro.
Pas de race prestigieuse, pas de race du tout même.
Une robe assez particulière et un chanfrein bizzarement bombé.
Mais aussi des petits yeux pleins de tendresse.
Un caractère en or et une charbonnure absolument adorable sur la fesse droite.
Mais si je l'aime autant, c'est parce que quand je l'ai vu la première fois dans son grand pré,
Le seul clair au milieu du troupeau de haflingers, ça a tout de suite été le coup de foudre.
Avant même de le monter ou même de l'approcher, je l'ai aimé.
Certains ne le comprendront pas. Beaucoup même.
Mais Faro ne vit pas près de moi.
Il vit à presque une heure de ma maison.
Je ne peut le voir que quelques semaines par an.
Ces semaines, je passe le reste de l'année à les attendre.
Je sais que d'autres personnes sont dans le même cas que moi.
Je sais aussi que certains beaucoup plus chanceux peuvent voir leur Cheval tous les jours.
Moi pas.
Mais je sais qu'il est beaucoup plus heureux dans son troupeau à la caracole que dans un manège.
Cela suffit à me réconforter.
Savoir qu'il est heureux me suffit.
C'est comme ça que l'on reconnaît Le Cheval.
Son bonheur passe avant notre plaisir de le voir.
Tout ça pour dire : Je t'aime Faro, de tout mon coeur.
